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Halte aux Idées Reçues

Descriptif

Handicapé je vais perdre mon emploi ? Idée reçue numéro 1. L’employeur développe, aujourd’hui, avec l’aide de l’état et des structures d’accompagnement des solutions pour permettre éviter la « désertion professionnelle »

Date

27/11/2012

Halte aux Idées Reçues

Journaliste : Chaouki Benamour, vous travaillez sur le site Hanploi.com. Que fait ce site ?
 

Chaouki Benamour : C'est un site dédié à la recherche d'emploi. Il a un pôle « conseil et formation » que j'anime.
 

Quand un handicap survient, que fait-on ? 


Journaliste : Première idée reçue : quand on devient handicapé, la carrière professionnelle s'arrête.  Confirmez-vous qu’il y a une barrière psychologique à dépasser, mais qu’il y a des possibilités ?


Chaouki Benamour : Nous sommes sur un dispositif handicap assez riche avec des mesures qui permettent d'éviter la désertion professionnelle. On travaille dans le cadre d'un reclassement professionnel. Il y a une évolution des mentalités, des outils et des mesures.
 

Journaliste : La première étape pour pouvoir être maintenu dans l'emploi, est-ce la reconnaissance de son statut de de travailleur handicapé ?
 

Chaouki Benamour : La reconnaissance administrative peut être accordée par la MDPH, la Maison Départementale des Personnes Handicapées ou l'Assurance Maladie. On peut bénéficier d'une rente « maladie professionnelle » et aussi d'une pension d'invalidité, sans pour autant engager une démarche associée à la MDPH.
 

Journaliste : Comment fait-on pour obtenir ces informations ?
 

Chaouki Benamour : Nous avons beaucoup d'acteurs qui interviennent dans les entreprises. Le mieux est d'en parler à son médecin du travail pour recevoir tous les conseils pour engager au mieux cette reconnaissance administrative. En fonction des cas, et en fonction de chaque situation, on arrivera vers la MDPH ou vers l'Assurance Maladie, mais dans tous les cas, on reste dans la même démarche.
 

Journaliste : Doit-on se rapprocher de la direction de son entreprise pour connaître le dispositif approprié ?
 

Chaouki Benamour : Tout à fait, les administrations maîtrisent un peu plus les dispositifs. Le médecin a une certaine légitimité dans cette démarche. L'agent va pouvoir mieux préciser la situation de handicap et être rassuré à l'égard du médecin du travail ou de l'assistante sociale. Cela n'empêche pas de préciser l'information à son manager ou à son responsable de Ressources Humaines.
 

Handicap invisible, aménagent nécessaire : j’en parle ?


Journaliste : A ceux qui ont un handicap invisible et qui se disent souvent : « ça ne sert à rien, on ne va pas me comprendre », leur conseillez-vous de ne pas hésiter à faire les démarches ?
 

Chaouki Benamour : Il peut y avoir une détérioration de la santé. L'objectif est de sécuriser le parcours professionnel. Une démarche de reconnaissance administrative permettra à l'entreprise de mobiliser les moyens existants.
 

Journaliste : Le fait d'avoir un handicap invisible n'est pas un tabou. Le faire reconnaître peut-il apporter un plus ?
 

Chaouki Benamour : J’ai un exemple avec un handicap non-visible : j'ai accompagné cette personne vers une reconnaissance administrative. La première réaction, c'était : « je ne suis pas handicapé ». Mais c'est cette clé qui va nous permettre avec l'employeur de mobiliser tous ces services. La reconnaissance est arrivée six mois après. La personne, que nous avons rencontrée depuis, se sent apaisée.
 

Journaliste : Cette personne bénéficie-t-elle d'aménagements horaires, de pauses ?
 

Chaouki Benamour : Oui, de pauses régulières et surtout d’une compréhension de l'employeur sur des arrêts qui peuvent être ponctuels et qui engendrent une hospitalisation de courte durée. La situation est bien formalisée, le collaborateur se sent rassuré et l'employeur comprend davantage.
 

Journaliste : La reconnaissance est arrivée au bout de six mois. Quels sont les délais ?
 

Chaouki Benamour : Des disparités départementales existent. Il faut compter entre 6 et 24 mois. On a la possibilité, lorsqu'il y a un risque de désertion professionnelle, de demander une mesure diligentée auprès de la MDPH qui instruit le dossier plus rapidement.
 

Quel est le rôle de l’employeur ?


Journaliste : Il y a globalement deux cas de figure : soit la personne peut rester à son poste, soit il faut un reclassement. Qu’est-ce qui détermine cette décision ?
 

Chaouki Benamour : On a toujours tendance à vouloir maintenir la personne à son poste dans l'entreprise mais ça peut être hors de l'entreprise. Le médecin du travail va se prononcer sur l'aptitude totale ou partielle ou l'inaptitude. S'il y a aptitude, l'employeur garde la personne.
 

Journaliste : L'employeur est-il tenu de faire cet aménagement ?
 

Chaouki Benamour : Il est vivement conseillé. Il y a des acteurs externes qui peuvent intervenir pour aider, mais aussi des outils et des mesures qui peuvent être apportées par l’Agefiph.
 

Journaliste : Les accords handicap prévoient-il des budgets en interne ?
 

Chaouki Benamour : Les budgets ne sont pas à l'Agefiph, mais c'est à l'entreprise de gérer ce budget.
 

Journaliste : Pour ceux qui sont reconnus inaptes à reprendre le poste, que se passe-t-il ?
 

Chaouki Benamour : Dans ces cas-là, sur le plan légal, l'entreprise a une obligation de trouver une solution de reclassement dans le groupe dans un délai d'un mois. Par expérience, les entreprises évitent la désertion professionnelle. Le cas extrême de licenciement, on le retrouve dans les PME.
 

Journaliste : Il existe différents outils. Peut-on bénéficier de formations ?
 

Chaouki Benamour : On peut libérer la personne pour pouvoir engager une formation qualifiante avec un objectif de la réintégrer dans l'entreprise sur un nouveau métier. C'est une démarche volontaire de la part de l'entreprise et de l'intéressé s'il souhaite revenir dans l'entreprise. Il existe une multitude d'outils, d'acteurs, de mesures financées par l'Agefiph ou que l’on trouve dans les accords d'entreprises.
 

Comment m’informer ? A quel moment en parler ?


Journaliste : Concernant le maintien dans l'emploi, vous souhaiteriez insister sur la démarche-clé, faut-il vraiment faire les choses dans l'ordre, en amont ?
 

Chaouki Benamour : Le signalement précoce est important pour le reclassement. On a des outils comme la visite médicale de pré-reprise qui permet en amont de réfléchir avec l'ensemble des acteurs qui interviennent pour favoriser au mieux ce reclassement et cette reprise de travail. Je recommande fortement aux intéressés de se pencher sur la visite médicale de pré-reprise. Le premier réflexe, c'est d'associer la démarche à son médecin du travail. La visite de pré-reprise appartient au médecin traitant, médecin conseiller de la Sécurité sociale. C'est au collaborateur de demander cette visite.
 

Journaliste : Il n’est pas évident de se retrouver avec un handicap sur un plan psychologique. Est-il facile de trouver les informations dont on besoin ? Comment gère-t-on cela ?
 

Chaouki Benamour : Le dispositif est un peu complexe. Ces informations peuvent être apportées par l'entreprise, par la Mission Handicap quand il y en a une, par les structures ou les acteurs, quand on est en cours de reconnaissance ou qu’on est déjà reconnu, avec le Sameth (le Service d’Appui au Maintien dans l’emploi), Cap Emploi. Il faut une démarche de reconnaissance administrative qui sera une clé du reclassement. Tout à l'heure vous avez parlé de la non-visibilité du handicap, la reconnaissance ne va pas afficher le handicap.
 

Source Handichat, interview réalisée par Laetitia Bernard, Interneto.

Descriptif

Handicapé je vais perdre mon emploi ? Idée reçue numéro 1. L’employeur développe, aujourd’hui, avec l’aide de l’état et des structures d’accompagnement des solutions pour permettre éviter la « désertion professionnelle »

Date

27/11/2012

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